Brochures et Zines

queerultraviolenceQUEER ULTRA VIOLENCE

Les queers sont marquéEs comme des victimes tandis que la violence n’est jamais vue que comme l’outil des maîtres. Le projet anarcho-queer incarné par Bash Back ! est avant tout un refus du statut de victime et une réappropriation de la violence qui nous a été enlevée par l’idéologie progressiste et utilisée contre nous par nos agresseurs et par l’État. Le tournant opéré par Bash Back ! lors de sa rupture avec celleux qui ont refusé de reconnaître l’importance de cette réappropriation a été crucial. Il a permis de solidifier et de construire la cohérence de la tendance queer insurrectionnelle autour de la question de la violence…

nonviolence

LA NON-VIOLENCE EST PATRIARCALE

L’idée que résister et se battre exclue les femmes est absurde.

Les défenseurs de la non-violence font parfois une exception restreinte pour l’autodéfense, parce qu’ils reconnaissent combien il est faux de dire que les opprimé-e-s ne peuvent ou ne doivent pas se protéger eux-mêmes/elles-mêmes, mais n’ont aucune stratégie viable concernant la violence systémique. Ce serait de l’autodéfense de frapper un mari abusif, mais pas de faire sauter une usine émettrice de dioxine rendant le lait maternel toxique ? Qu’en est il d’une campagne plus concertée pour détruire l’entreprise qui possède l’usine étant responsable des rejets polluants ?

sousletapislepavé

SOUS LE TAPIS LE PAVE

De la remarque insistante en soirée à une agressivité latente, d’un machisme gentiment étouffant à une main au cul, les violences sexistes sont multiples et prennent plusieurs formes. Elles se cachent et se déchaînent aussi dans l’intimité, au sein des couples.

Comment parler de ces violences dans nos milieux ? Comment dire : mon copain m’enferme, me bat, m’insulte, oui mon copain, qui est aussi votre pote, avec qui vous militez depuis des années… Vivre et militer ensemble, cela crée des liens particuliers, avec des codes et des principes tacites. Que faire quand on apprend telle ou telle histoire sordide, qu’on reçoit telle ou telle confidence ? Que faire en collectif ?

Nous voulons que le sujet des violences sexistes dans nos milieux ne soit plus un tabou, un sujet négligé, dont les femmes parlent entre elles en sourdine, comme si elles étaient, somme toute, les seules concernées.  Pour nous ces violences ne sont pas des histoires de « vie privée », elles résultent d’une société sexiste où règne des rapports de domination : ces violences sont des actes de contrôle récurrents sur les femmes.
On parle toujours des femmes victimes de violence, comme si leur seul rôle à jouer était passif. Pour nous les femmes résistent à ces violences, chaque jour, en tout lieu, dans la rue et dans leur maison. Nous voulons parler de femmes résistantes.

 

femmestransenprisonFEMMES TRANS EN PRISON

« Le directeur est venu dans ma cellule et m’a dit « Tu as un pénis ou un vagin ? » J’ai dit « un pénis ». Il m’a dit « voyons voir », alors j’ai dû lui montrer. Et puis il a dit « On ne va pas te soigner, ici. Il est plus que probable que tu finisses par te tuer. » Il a eu un sourire narquois, il est sorti et voilà. »
« Le sergent est passé derrière moi, m’a touché les seins, m’a pincé les tétons avec ses doigts, les a fait rouler et m’a touché les fesses, les a serré, les a claqué. J’ai porté plainte et ils sont venus me dire que je ne quitterais jamais la prison vivante. »
« Ils ont mis cet homme dans ma chambre. Il m’a dit : « Voilà pourquoi tu es dans ma chambre : pour être ma femme. » C’est ce qu’ils veulent tous ici, ils veulent une jolie transgenre. C’est leur cerise sur le gâteau. »
« Je me sens femme dans une prison d’hommes. J’ai des seins, un traitement hormonal, pas de pénis, mon nom officiel est féminin. Je devrais être dans une prison pour femmes. »

La transphobie en prison n’est que le reflet exacerbé de la transphobie générale de la société. De même, les personnes trans en prison ne font que subir, d’une manière exacerbée par la transphobie, les mauvais traitements infligés aux prisonnierEs en général.

 

soutenirsurvivanteSOUTENIR UN-E SURVIVANT-E D’AGRESSION SEXUELLE

Si vous êtes une personne qui vit et évolue sur cette planète, vous connaissez quelqu’un qui a survécu à une agression sexuelle. Le nombre de femmes, hommes et personnes trans (c’est-à-dire des personnes qui ne rentrent pas dans un système de genre binaire mâle/femelle) qui subissent des agressions sexuelles est inconnu, ceci à cause des phénomènes de silence culturel, mise en doute de la parole de la personne, et de la peur d’encore plus de violence autour du viol.

miseresexiste

DE LA MISERE SEXISTE EN MILIEU ANARCHISTE

 

Ces textes ont été écrits par individu-e-s anarchistes, des hommes et des femmes révolté-e-s par les nombreux cas de violences conjugales qui se sont révélés ces derniers temps au sein de notre milieu, et révèlent une réalité qu’il est temps de regarder en face, car nous pensons qu’ils ne sont pas isolés.
Les violences conjugales, ce sont tous les petits actes, propos, attitudes, qui pris isolément peuvent paraître anodins mais qui mis bout à bout créent un rapport profondément asymétrique et placent la femme sous l’emprise de son compagnon. C’est la récurrence au sein du couple de processus de contrôle, d’isolement, de dévalorisation, de culpabilisation.
Nous pensons qu’il est temps de réagir collectivement face à un système d’oppression si fortement ancré en nous. Qu’il est temps de ne plus laisser passer de tels actes. Qu’il est temps de réfléchir collectivement pour agir collectivement. C’est ce que nous avons tenté de commencer à travers ces textes.

grosseur

OPPRESSION ET LIBERATION DE LA GROSSEUR

Un certain nombre d’entre vous doit se demander « Mais pourquoi faire une brochure sur ce sujet ?« , « Il y a quand même d’autres luttes plus importantes !« , « C’est la dernière mode Politiquement Correcte ou quoi ?« , etc. Et bien il se trouve que je suis gros, et que le sujet m’intéresse donc ! Et oui, je considère avoir été opprimé pour cela, et encore aujourd’hui (même si j’ai réussi à prendre une certaine distance, à me « blinder », etc.). Au début, je pensais écrire un texte plus long, mais ce n’est pas évident… Puis m’est venu l’idée de lancer un appel à contributions (en direction surtout [uniquement ?] des gro-sse-s), mais bon, finalement je me suis dit que les textes ici présents (avec lesquels je peux être en désaccord sur certains points) méritaient d’être connus, et je n’avais pas envie d’attendre des mois de recevoir d’hypothétiques contributions…

 

 

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